Un projet surdimensionné
« Ce projet est surdimensionné, il est en contradiction avec le critère de développement mesuré préconisé par le schéma
de développement régional de la mer (1 992) seul valable en l'absence de Padduc. Il se propose en effet de porter la surface de mouillage du port actuel qui est de 15 000 m2 à 75 000 m2 (7,5
ha.) pour une surface totale de l'ouvrage de 47 ha !
« Par rapport au réchauffement climatique, une surface de mouillage 5 fois plus grande pour 2 fois plus d'unités à quai,
cela signifie que l'on souhaite passer d'un port de petite et moyenne plaisance répondant aux besoins locaux, à un port de grande voire de très grande plaisance forte consommatrice de fuel et
forte émettrice de CO2 dont les préoccupations sont fort éloignées des recommandations du Grenelle de l'Environnement ! Sur le plan écologique encore, il faut savoir qu'aujourd'hui, le
port de commerce et le port de plaisance sont, avec le rejet des eaux de la station d'épuration, les principales causes de la mauvaise qualité des eaux du Stabiacciu.
»
Un projet inadapté
« La qualité de ces eaux met en évidence : un risque moyen vis-à-vis de la pollution de la nappe phréatique. Un risque
fort vis-à-vis de la pollution des eaux de surface. Un risque fort vis-à-vis des nuisances pour les riverains.
« Un risque fort vis-à-vis de la dégradation des paysages et des milieux naturels. Il est probable qu'elles n'atteindront
pas le « bon état écologique », qui est l'objectif fixé par la directive-cadre européenne (DCE du 22 décembre 2000), pour 2015. L'extension projetée ne pourra que renforcer les impacts négatifs
sur la qualité de ce milieu aquatique. Sur le plan économique, ce projet dont le coût est estimé, aujourd'hui, aux environs de 100 millions d'euros participe de ce système économique
alimenté par la dette et la spéculation dont on sait où il a conduit le monde. Ce système n'est pas le mieux à même de répondre aux besoins basiques d'un grand nombre de
Porto-Vecchiais.
« Ce projet procède, comme ceux de l'incinérateur, des centrales au fuel lourd, de la quatre voies Bastia-Bonifacio, du
Padduc, de la même philosophie, ils sont symboliques d'un modèle de développement qui est rejeté par ceux qui s'y sont engagés avant nous. Ce modèle n'a plus d'avenir à l'heure où la prise en
compte de la dimension environnementale doit nous orienter vers un développement durable et solidaire respectueux des grands équilibres de la planète.
Un projet dépassé
Par ailleurs Portivechju Altrimenti insiste sur le fait qu'il s'agit là « d'une réalisation d'ores et déjà dépassée,
entre autres, en raison de la nouvelle donne sociale et économique. Alors que la plaisance est sinistrée, la municipalité de Porto-Vecchio, pense que c'est un secteur d'avenir. La caution
professionnelle avancée par la mairie dans la presse, le groupe Rodriguez, aujourd'hui en grande difficulté, en est l'exemple. Des études récentes démontrent qu'aucun projet ne résorbera la
demande d'anneaux en Méditerranée : « La solution passe par l'aménagement des mouillages forains, en assurant le respect des écosystèmes et le développement des ports à
sec.
« Les financements du projet sont douteux, sa rentabilité nulle. Ainsi on pense immanquablement aux origines de l'argent en
l'absence d'investisseurs sérieux dans un secteur en perte de vitesse. Les faits divers tragiques qui ont marqué la vie publique Corse ces derniers mois ne peuvent que confirmer nos
réserves....
« Ces projets ont un point commun, ils ne vont pas dans le sens des intérêts de Porto-Vecchio, ni dans le sens des intérêts
de la Corse et de ses habitants : nous n'en voulons pas ! » Et de ce fait, Portivechju Altrimenti appelle au rassemblement du plus grand nombre et surtout bien au-delà du strict territoire
communal pour la constitution de ce collectif contre le projet d'extension du port de plaisance.